Homélie dimanche 3 septembre 2017, 22ème dimanche du temps ordinaire

On trouvera le texte des lectures après ma propre méditation

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive…

Si quelqu’un veut marcher à ma suite… 

En ce début d’année, Jésus nous questionne :

  • quelqu’un veut-il marcher à ma suite ? Y a-t-il ici quelqu’un qui veuille suivre Jésus ?

Par cette question, au début d’une année nouvelle, au début d’une mission nouvelle, pour moi, nous sommes remis devant l’essentiel : qui voulons-nous suivre ? Quelle route voulons-nous prendre ? Sommes-nous prêts à suivre le Christ ?

La route que propose Jésus, c’est la route de la joie qui ne passe pas, la route de la vie.

Mais la route que propose Jésus, ce n’est pas la route de la joie à la manière du monde, la route du chacun pour soi.

La route que propose Jésus, c’est la route de la vie donnée, la route de l’amour vrai, et il nous en donne l’itinéraire :

Si quelqu’un veut venir à ma suite… qu’il renonce à lui-même…

Qu’il ne reste pas enfermé en lui-même, dans ses pulsions, ses besoins propres, ses rancoeurs, ses amertumes

Dans l’amour de l’autre, en famille, nous savons bien qu’il n’y a pas de joie quand on ne renonce pas à soi-même pour s’ouvrir à l’autre.

Renoncer à soi-même, c’est aussi renoncer à son esprit propre pour se laisser conduire par l’Esprit Saint, pour renaître d’en-haut.

Quand on pense à la manière spontanée des hommes et non à partir de l’Évangile, on ne risque pas de trouver la joie, on ne risque pas de trouver la paix.

Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même… qu’il prenne sa croix !

Celui qui aime fait forcément l’expérience de la croix.

  • La croix de la fatigue du jour, de la fatigue quand on se met au service de l’autre, des autres…
  • La croix qui vient des limites de l’autre… une croix à dépasser… aimer encore plus…
  • La croix qui vient surtout de nos propres limites, de notre propre péché…

Il me semble que ce qui est le plus lourd, c’est cette part de nous-mêmes que nous n’arrivons pas à changer. Jésus nous propose de ne pas subir cette croix, ces limites, mais de prendre cette croix, de nous efforcer de corriger ce qui peut l’être, de nous laisser surtout rejoindre par son regard d’amour qui n’a pas peur de venir nous rejoindre dans nos fragilités, d’accepter aussi le regard d’amour des autres.

Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive !

Le but n’est pas de renoncer à soi-même, ou de prendre la croix…

Le but est de ne pas être seul, de pouvoir marcher avec Jésus, de pouvoir marcher avec les autres, de trouver la vie en abondance, la joie qui ne passe pas…

Pour suivre, Jésus, il faut passer du temps à le regarder, à le contempler dans l’Évangile, à regarder ce qu’il dit, ce qu’il fait, ce qu’il pense, pour l’aimer et le suivre, passer par le même chemin

Il s’agit de regarder Jésus dans la vie : où est-il aujourd’hui, que fait-il par son Esprit, où nous attend-il ?

Le Pape François disait qu’il fallait contempler Jésus dans sa Parole et dans la vie des gens (EG 154)

C’est sur ce chemin que je voudrais vous servir : nous aider toujours à regarder Jésus dans sa Parole et dans sa vie avec nous aujourd’hui, pour le suivre et l’aimer.

Je n’aurai de cesse que de vous inviter à lire l’Évangile chaque jour, à en faire le moteur de votre vie, sachant bien que vous ne m’avez pas attendu pour cela, et je rends grâce pour tout ce que l’Esprit Saint a semé par tous ceux qui se sont succédés ici, par tous ceux que vous avez rencontrés avant d’arriver ici. Je compte aussi sur vous pour me renvoyer toujours à cette contemplation de l’Évangile pour connaître, aimer, suivre Jésus.

Nous sommes dans un monde où chacun est tenté de s’affirmer contre les autres, plutôt que d’aimer en renonçant à vivre fermé sur soi-même. Il n’est pas si simple de vivre différents, venant d’horizons différents. C’est pourtant une richesse si extraordinaire.

Il me semble que la première mission d’une communauté chrétienne est de témoigner que c’est possible d’être frères et sœurs, tous fils et filles d’un même Père. J’aime ces autres paroles du Pape François dans la joie de l’Evangile :

  • Il faut entrer dans une fraternité mystique contemplative qui découvre Dieu en chaque être humain et sait supporter les désagréments du vivre ensemble… Ne nous laissons pas voler la communauté ! (EG 92)
  • La meilleure motivation pour se décider à communiquer l’Évangile est de le contempler avec amour (EG 264)
  • Toute la vie de Jésus contemplée dans l’Evangile parle à notre vie et répond aux nécessités les plus profondes des personnes, est trésor de vie et d’amour qui ne peut tromper (EG 265)
  • Disciple missionnaire qui est convaincu, par sa propre expérience, qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître, qui sent et sait que Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui parce qu’il l’écoute, le contemple, se repose en Lui (EG 266)

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive…

C’est sur ce chemin que nous allons nous soutenir les uns les autres.

Et je fais mienne les paroles de Paul :

Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps, votre personne toute entière, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.

Il y aura sans doute des moments de découragement. Dans ces moments-là, puissions-nous dire avec Jérémie :

Je me disais : « Je ne penserai plus à Dieu, je ne parlerai plus en son nom. » Mais sa Parole était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os ; je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir.

Que sa Parole soit toujours plus un feu brûlant dans nos coeurs.

Les lectures du jour

Jérémie 20,7-9

Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. A longueur de journée, je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi. Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois crier, je dois proclamer : « Violence et dévastation ! » A longueur de journée, la Parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie. Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os ; je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir.

Romains 12,1-2

Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps, votre personne toute entière, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.

Matthieu 16,21-27

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour, ressusciter.

Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches :

–     « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. »

Mais lui, se retournant, dit à Pierre :

–     « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Alors Jésus dit à ses disciples :

–     « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

 

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