Edito feuille paroissiale de Saint Jean XXIII – 6 mars 2019

Convertissez-vous et croyez à l’Évangile
Entrer ensemble en carême[1]

Tous les ans, l’Église nous propose un temps fort de conversion pour nous préparer aux fêtes de Pâques.

Dieu a fait le choix d’appeler des hommes et des femmes fragiles à vivre et témoigner de son amour. Il a appelé le peuple Hébreux. Il lui a révélé son amour, il l’a appelé à passer de l’esclavage en Égypte à la Terre Promise. Dans cette traversée, le peuple a fait l’expérience de son péché, de ses récriminations. Il a aussi expérimenté la présence de Dieu, de son Esprit (la nuée lumineuse), la force de sa Parole. Le peuple s’est sans cesse tourné vers des faux dieux, mais Dieu n’a pas cessé d’envoyer des prophètes. Il a même envoyé son propre Fils, Jésus, nous appeler à passer vraiment de la mort à la vie, de l’esclavage du péché à une vie dans la justice, en communion avec Dieu, avec les hommes.

Si nous nous disons chrétien, c’est que nous avons fait l’expérience de cet amour infini de Dieu, de sa confiance, de l’appel à témoigner de son amour. Pour autant, dans notre vie personnelle et en Église, nous ressentons très fort tout ce qui est mort, blessure, péché.

Nous sommes dans un moment où l’humanité semble vivre plus fortement cette peur d’une vie en communion, cette tentation de replis, du rejet de l’autre. Pour ne prendre qu’un exemple : le rêve d’une Europe fraternelle, ouverte, construite avec détermination après les deux guerres mondiales, ne soulève plus le même enthousiasme. On voit ressurgir des plaies qu’on pensait du passé : nationalisme, antisémitisme, construction de murs, de fossés entre les peuples. J’espère que vous serez nombreux à prendre au sérieux les élections européennes, à promouvoir des projets allant dans le sens d’un monde vraiment fraternel.

Nous pourrions rêver d’une Église qui soit vraiment signe de cet amour du Christ pour tous et nous découvrons chaque jour que le péché la défigure, que quelques prêtres, évêques, cardinaux, ont détruit gravement des personnes.

Nous prenons conscience que, pendant des années, comme dans l’ensemble de la société, le réflexe a été le déni, l’omerta. Ne vivons pas ce temps très douloureux comme un temps de persécution. Recevons-le comme un temps de purification, de conversion. Le premier pas de la conversion, c’est de ne pas nier la réalité des faits, de chercher ce qui les a favorisés, ce qui doit absolument changer.

Il nous faut aussi ne pas nous laisser obnubiler par tout ce qui défigure le monde, l’Église. Il y a tant de signes de l’action de l’Esprit Saint qui ne font pas de bruit et sont si réels. En habitant au cœur du Bois l’Abbé, en rencontrant des gens à Saint Saturnin, en visitant des malades, notamment à l’hôpital Paul d’Egine, je suis témoin émerveillé de l’attente, de la confiance que des gens ont envers les chrétiens, l’Église, les prêtres.

Le film « Grâce à Dieu » termine par cette question : « Tu crois encore en Dieu ? » Frères et sœurs, que dans ce temps d’épreuve devant la situation du monde, devant le scandale provoqué par certains dans l’Église, nous entrions profondément dans ce temps de carême pour répondre avec toute notre vie, chacun personnellement et ensemble : « Oui, je crois ! » Oui, Jésus est vivant et transforme nos vies, fait de l’Église ce qui donne du sel au monde, un corps heureux de rendre grâce à l’action de l’Esprit Saint au cœur de tous les hommes, un corps engagé aux côtés des plus petits.

Prenons les moyens proposés : prière et en particulier lecture de l’Évangile, jeûne (pas forcément de nourriture mais de tout ce qui nous encombre et nous empêche de nous ouvrir à Dieu et aux autres), partage (financier, en donnant de notre personne, de notre temps)… Soyons audacieux pour favoriser des réconciliations en familles, avec nos voisins, nos collègues de travail, en paroisse… Ne soyons pas le peuple qui récrimine dans le désert et veut retourner à ses anciennes chaînes. Soyons le peuple nourri de la Parole, guidé par la nuée lumineuse, se préparant à redire le « oui » de son baptême à Pâques. Soyons ces croyants redisant « je crois », non seulement du bout des lèvres, mais par toute notre vie, par notre engagement renouvelé dans ce temps de tempête.

Père Bruno Cadart[2]

[1]      Feuille paroissiale de Saint Jean XXIII N° 137 du 10 mars 2019

[2]      Pour me joindre : cadartbruno@gmail.com www-bruno-cadart.com

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

8 réponses à Edito feuille paroissiale de Saint Jean XXIII – 6 mars 2019

  1. Ping : Qui est Bruno Cadart et accès à divers articles qu’il a écrit | Site du Père Bruno Cadart

  2. Loubignac dit :

    Bonjour de la part de Charly J ai lu ton texte et plaisir de le partager
    Tu me connais et tu connais ce que je pense sur certains sujets
    Pour moi la foi est sptituelle et malgré l essai de Montaigne le corps est l esprit parfois ils sont en conflits
    C est pas grave tant que le politique n a pas pris le dessus Mais pour certains actes homme d église ou pas il faut condamné actes
    Le procès est plus politique que humaniste c est domage cette démission du prélat de Lyon Elle est inutile et il ne sert que de fusible

  3. Wilson dit :

    Mon Cher Bruno,

    Merci pour ce texte très profond qui nous permet de méditer sur notre vie, sur la vie de l’Eglise surtout en ce temps de carême. Merci parce que ce que tu écris donne de courage qui nous pousse à avancer, à continuer ; et aussi à encourager les gens de rester dans la foi malgré la tempête qui soufle très fort dans notre Eglise.

  4. Alonso Claire dit :

    Merci Bruno pour ton message. Oui nous croyons et nous voulons suivre le Christ. Nous comptons sur l’église du ciel qui veille sur nous.Avec ton notre affection Claire et Didier Alonso

  5. Ping : 9 mars 2019 lendemain du 8 mars… | Au fil des jours, dans la suite du Synode de la famille

  6. Anne Defranoux-Cadart dit :

    Je viens de lire ton texte, Bruno et je le trouve réconfortant et rempli d’espoir, quand, tout autour de nous, il semble qu’il y ait une véritable « tempête », alimentée et manipulée par certains media ou autres éléments avides de  » scandales » !! Merci mille fois et continuons d’y CROIRE de toutes nos forces.

  7. Ingwiller Jacqueline dit :

    Merci pour ce message où les événements que nous vivons dans notre aujourd’hui sont éclairés par des passages bibliques. « Nous ne sommes pas mieux que nos pères » , mais comme nos pères nous avançons dans la confiance, avec nos péchés et notre espérance en un amour plus grand que notre péché.
    Merci pour cet encouragement.
    Jacqueline Ingwiller

  8. Michèle Favre Bonté dit :

    Oui, je crois encore.
    C’est ce que je réponds spontanément malgré cette tempête qui secoue l’Eglise, le peuple des croyants et des non croyants!
    Merci, père Bruno de nous pousser à réfléchir, à nous rendre « humble »….
    Ce film reste non voyeur, non misérabiliste mais nous révèle tellement comme l’homme est fragile, inconscient, trop souvent sur les conséquences de ses actes, de ses paroles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *