Synthèse des réponses au questionnaire du Prado de Madagascar

  1. Dans ma vie personnelle, comment je vois que la grâce du Père Chevrier marque mon ministère ?
  1. Comment voyons-nous que la grâce du Prado est une chance pour l’Eglise et pour le peuple à Madagascar en particulier pour les plus pauvres ? Comment vivons-nous cette grâce de l’envoi aux pauvres afin que toute notre Eglise vive cet appel ?
  2. Lors des dernières années, qu’est-ce qui a grandi dans notre Prado de Madagascar, au niveau de mon diocèse, de ma région, du pays ? Comment avons-nous mis en œuvre les orientations de 2009 et 2010 ? (cf. ci-après).
  3. Sur quoi faudrait-il que nous nous entr’aidions, que nous progressions ? Quelles initiatives et orientations suggérons-nous de débattre lors de l’assemblée de juillet 2012 ?

Pour un débat ensemble :

C’est très frustrant de faire une synthèse, parce qu’il faut couper plein d’expressions fortes, aussi, nous vous invitons à lire le document complet et nous ne gardons ici que quelques expressions.

1.       Dans ma vie personnelle, comment je vois que la grâce du Père Chevrier marque mon ministère ?

1. Le mot grâce

Le mot « grâce » est un mot très pertinent : c’est une révélation de Dieu chez nous les hommes, car toute grâce vient de Dieu. Mais, pour qu’il y ait grâce, il faut qu’il y ait la foi en Dieu. Pourquoi Antoine Chevrier a eu cette foi, cette initiative, ce courage, cette espérance, cette persévérance ? Je voudrais avoir cela pour moi dans mon ministère. (Pascal, Ambositra et Fianarantsoa)

2. Il s’agit de connaître Jésus Christ

J’ai toujours devant moi le « connaître Jésus Christ, c’est tout » d’Antoine Chevrier… C’est toujours devant moi et ce n’est pas encore inscrit dans ma vie. J’ai choisi le Prado – c’est peut-être idiot de le dire – parce que je savais que je n’arriverai pas à être un bon Pradosien ! Par contre, je désirais que soit inscrit en moi cet objectif. C’est comme un chemin vers lequel je choisis encore de m’aventurer. Le connaître, c’est-à-dire vivre chaque instant de ma vie en sa compagnie, avec ses yeux, avec son cœur, devenir un peu plus Lui, devenir vraiment humain en vivant de Lui. Le Prado a entretenu cette séduction que j’ai pour Jésus depuis ma plus petite enfance. « Sentez-vous un attrait intérieur qui vous pousse vers Jésus-Christ ?… Je relis souvent ce passage comme un appel à cultiver cet attrait… et j’y résiste ! Mais je sais que c’est le chemin. Il s’agit de « vivre avec Lui, d’être avec Lui, de mourir avec Lui… ». (…) Antoine Chevrier m’emmène encore plus loin quand il dit que le prêtre est un autre Christ, qu’il nous faut reproduire dans notre vie celle de Jésus Christ ! Pas moins que ça ! Être pauvre comme Lui dans la crèche, être crucifié comme Lui sur la Croix, être mangé comme Lui dans l’Eucharistie : « Le prêtre est comme Jésus Christ un homme dépouillé, un homme crucifié, un homme mangé. » Cela m’aide à vivre cette vie qui est la mienne à Ampasimbe. (Gérard, Fenoarivo)

L’annonce au pauvre de la richesse de l’Evangile nécessite une union de vie dans le Christ pour pouvoir se donner et donner Jésus Christ aux pauvres. Se fonder dans le Christ est très important : Lui comme seule vraie richesse pour moi et pour les autres. La conscience de tout cela vient, je crois, de la grâce du P Chevrier qui avait tant aimé le Christ et ne cherchant autre chose que Sa volonté. Cela m’aide dans mon ministère. (Frère Marson, Farafangana)

Depuis ma connaissance du Père Chevrier, j’ai pris conscience qu’être prêtre est un don de soi. Je vois cela comme une grâce du père Chevrier. Ma prise de conscience vient aussi du fait qu’il y a un manque dans ma vie que Dieu seul peut le combler. J’ai aussi été touché par la pauvreté Evangélique de le Père Chevrier vivait. Il faut avoir une confiance total en Dieu dans la vie et dans le ministère, me donner de plus en plus. (Frère Jean-Pierre, Ambositra et Farafangana)

3. Il s’agit de le connaître en faisant étude d’Evangile

Ma fidélité à l’étude d’Evangile est une grâce du Père Chevrier aussi pour moi, par conséquent dans mon ministère je me sens plus à l’aise et plus convainquant à ce que je dis dans mon homélie ou dans l’accompagnement que je fais. L’étude d’Evangile réguliere est un signe de Crédibilité à notre Vocation pradosienne. Elle m’aide aussi à ma Prière quotidienne que ce soit personnelle soit commune. (Pega)

L’étude d’Evangile constitue une source de grâce permanente, d’engagement et de persévérance ainsi que de communion réelle avec le Christ Tête et Maître de l’Eglise et de sa mission. S’y atteler régulièrement comme le recommande, avec insistance, le P. Chevrier à ceux qui sentent l’attrait du charisme à devenir un véritable disciple de Jésus-Christ. (Miandra, Antsiranana)

Pour augmenter l’amour du Christ, ce qui est touchant dans la vie du père Chevrier c’est son attachement à l’Evangile. Sans l’évangile, je ne pourrais jamais vivre en vrai prêtre avec les chrétiens. Alors je m’efforce de lire l’Evangile comme le P Chevrier. C’est une grâce. Le fondement de la réussite dans ma vie et dans le ministère est la prière. Je l’ai vois dans la vie du Père Chevrier. Et je crois que c’est par sa grâce que je puisse persévérer dans la prière. (Philibert, Farafangana)

4. Le Père Chevrier nous aide à vivre la pauvreté évangélique et à nous lier aux pauvres

Le fait qu’Antoine Chevrier insiste sur la pauvreté, les pauvres, la vie d’un pauvre, qu’il ait essayé de vivre pauvrement avec une foi très grande et un attachement à Jésus et cette vie très exigeante, c’est ce qui me touche chez lui. Je suis né pauvre, et je me sens très à l’aise avec les pauvres gens et je touche vraiment leur foi. (…) Et moi, je me sens privilégié. Quand je vois la vie des gens à l’extérieur, quelle différence avec notre vie. Le fait d’être simple, tout près des pauvres m’aide dans le ministère. La joie des gens de nous voir manger avec eux à Ipasa, car je n’ai pas de cuisinière. (Gervais, Fianarantsoa)

J’aime beaucoup la spiritualité du Père Chevrier à cause de sa préférence aux petits et aux pauvres et presque tous sont pauvres là où nous travaillons (pauvreté intellectuelle, spirituelle, matérielle). Ce charisme du Père Chevrier m’aide à chercher toujours comment on va aider tous ces pauvres… Ça aide notre devise pastorale pour vivre le baptême qui développe les gens intellectuellement, corporellement, spirituellement. (Wilson, Fianarantsoa)

Je reconnais l’effet de la grâce du Père chevrier dans mon ministère. L’humilité du Père chevrier l’avait aidé dans la relation aux chrétiens de sa paroisse. Ce témoignage d’humilité m’a beaucoup aidé à grandir  dans ma relation avec les chrétiens. Le père Chevrier savait vivre la pauvreté avec les pauvres. Dans mon district c’est pareil, les gens sont pauvres en général. Je reconnais la grâce du P Chevrier m’aidant à vivre cette pauvreté avec les pauvres. (Philibert, Farafangana)

L’appel de Dieu est un grand mystère. Avant ma connaissance du Prado, je n’ai pas pensé que c’est une chose très important dans le ministère la relation à Dieu et aux pauvres. La grâce du P Chevrier m’a fait découvrir que la relation avec Dieu est inséparable de la relation avec les pauvres. Le père Chevrier a bien compris que la charité se fonde dans la méditation de la crèche où Dieu se donne. Dieu qui aime tant les hommes. Si je n’avais pas rencontré le Père chevrier, je ne l’aurai pas compris. (William, Farafangana)

5. Annoncer l’Evangile, faire son catéchisme

Le mode de vie du Père Chevrier, l’amour du pauvre, la catéchèse, m’a aidé à aimer les pauvres aussi, surtout dans le domaine de la catéchèse à la paroisse, la formation des catéchistes chez nous à la paroisse, la formation des jeunes qui font la catéchèse, la préparation des sacrements (baptême, eucharistie, confirmation, mariage). Père Chevrier, c’est un homme modèle pour moi, surtout au sens pastoral, la prière. (Gaston, Toliary)

D’abord, je connais le Prado et le Père Chevrier et ça m’aide à connaître Jésus Christ et les autres, surtout pour la catéchèse qui est marquée dans notre charisme, pour la préparation des gens au baptême, mariage et les autres sacrements. Mon ministère, je vois qu’il est centré toujours sur l’amour de Dieu selon la pensée du Père Antoine Chevrier, le partage de la parole à annoncer, l’Etude d’Evangile personnelle. Cette Etude d’Evangile personnelle m’aide à voir ce que je dois partager avec les gens qui écoutent le sermon, etc. (Placide, Toliary)

6. La vie fraternelle

Je ne peux pas être prêtre tout seul… il me faut trouver des frères dans le diocèse, en dehors du diocèse et jusque dans le monde. Il me faut des frères pour m’aider à vivre les exigences de l’Evangile. Ma volonté seule ne le permet pas. On en a fait une expérience forte pendant l’année pradosienne internationale ou lors des sessions internationales. Là c’est palpable. Qu’on arrive à réaliser notre programme chaque mois, chaque année, c’est la grâce fraternelle. Quand je vais à Ambanja, à Fenoarivo, à Kianjavato… on sent cette fraternité. Les gens disent aussi comment ils reconnaissent que les prêtres pradosiens sont proches d’eux et de l’Evangile. (Gervais, Fianarantsoa)

Outre la préoccupation des conditions de la vie des pauvres et des opprimés d’injustice, l’attention est, cette année, plus portée sur la vie fraternelle entre prêtres, sur la vie des prêtres en difficulté, ceux qui sont âgés, isolés, malades. Je porte également de façon toujours constante le souci aux séminaristes ayant changé d’orientation. En communauté de l’archevêché je suis impliqué dans la vie avec un prêtre âgé, souffrant d’Alzheimer et des séquelles de l’alcoolisme. (Miandra, Antsiranana)

7. Un appel à la sainteté et à vivre les conseils évangéliques

Le Prado me permet d’avoir des repères forts dans le ministère, ce que j’appelle exigences. L’appel à l’Etude d’Evangile chaque jour, les réunions mensuelles et annuelles et m’appelle à vivre ce qu’on dit. Vous êtes mes « témoins »… (Gervais, Fianarantsoa)

La simplicité prônée par Antoine Chevrier m’influence. Combien de fois on me critique car je refuse de faire une demande d’une nouvelle voiture alors qu’elle a 14 ans. Moi, je me bats pour qu’on l’entretienne et qu’on n’achète pas quelque chose de nouveau. C’est une influence reçue de certains pradosiens malgaches : Michel Malo, Jean-Pierre Ranga, Emmanuel. J’ai vécu avec eux et été témoins de leur simplicité. (Alphonse, Toliary)

Pour moi, cette grâce s’exprime par le désir réel de devenir du bon pain afin de pouvoir être mangé et nourrissant. Les pauvres et les petits sont si accueillants et impatients de rencontrer les prêtres ; il ne faut pas les décevoir ! La spiritualité du Père Chevrier constitue un soutien et une force pour maintenir le cap et aller de l’avant. La grâce du P. Chevrier m’anime dans mon ministère et me soutient dans mon engagement auprès des pauvres. Je fais le passage du sympathisant à l’aspirant en vue d’un engagement effectif dans le futur. (Félicien Ankiro, Antsiranana)

8. L’appel à former des prêtres pauvres pour les pauvres

On trouve beaucoup d’expressions sur la formation de prêtres pauvres pour les pauvres, car nombreux parmi nous sont formateurs à Antsiranana, Fianarantsoa et Toliary, au petit séminaire, en propédeutique ou au grand séminaire.

Je repense toujours aux trois conditions pour entrer à l’école du Prado : ne rien valoir, savoir, pouvoir… Ça me guide quand je vois des garçons du petit séminaire décourageants soit au niveau humain, soit scolaire… essayer de trouver ce qu’il y a de bien en eux. (Bernard, Fianarantsoa)

La grâce du Père Chevrier m’a rendu constamment soucieux des conditions des pauvres et des opprimés dans mon ministère. Et ce à tel point d’avoir l’ardent désir de les rejoindre en travaillant en paroisse. La nomination au Grand séminaire a été reçue comme un choc et une désillusion ; mais très vite j’ai été rejoint par le vœu des évêques de confier la formation des candidats à la vocation de prêtres séculiers aux prêtres du Prado. C’est ainsi que je les ai éveillés à la grâce de l’étude d’Evangile, au service authentique en communauté et dans la vie sociale avec un accent porté sur le renoncement à son corps afin d’unifier sa personne et se soumettre entièrement, corps et âme, à l’Esprit Saint. (Totozafy, Antsiranana)

Je travaille au séminaire, J’ai beaucoup apprécié l’amour du Père chevrier envers les Séminaristes. Ce témoignage m’aide à aimer les séminaristes et m’efforce de faire de mon mieux mon ministère au Séminaire, à bien préparer tout : conférence, homélie et tout ce que je vais dire aux séminaristes, comme le Père Chevrier. (Ruffin, Farafangana)

Mon ministère est marqué par la formation sacerdotale. La formation au Prado m’a permis de voir clair sur ce qu’on doit faire comme responsable de séminaristes : les principes pradosiens de la grâce du Père Chevrier et le Véritable Disciple, c’est un livre important pour la formation des prêtres. (…) Je donne toutes les semaines une conférence à partir du Véritable Disciple que j’enrichis et actualise. Je commence toujours par l’importance de la connaissance de Jésus Christ pour l’aimer et le suivre. Et je continue avec les cinq conditions pour être disciple sans jamais dire ma source pour ne pas imposer mon chemin. (…) (Alphonse, Toliary)

2.       Comment voyons-nous que la grâce du Prado est une chance pour l’Eglise et pour le peuple à Madagascar en particulier pour les plus pauvres ? Comment vivons-nous cette grâce de l’envoi aux pauvres afin que toute notre Eglise vive cet appel ?

Une grâce d’avoir des prêtres qui s’intéressent à l’Etude d’Evangile d’abord. Ça, c’est très intéressant. Et il y a aussi le partage entre prêtres venant de diocèses différents. Ça permet de chercher comment avancer, comme par rapport au problème politique à Madagascar. Les gens souffrent et sont toujours plus pauvres, quand des minorités s’enrichissent. Et les gens ont confiance dans les prêtres. Le mot « salut » ne veut pas dire seulement salut des âmes : comment aider les gens à sortir de cette situation si difficile. Ventre affamé n’a pas d’oreille… et pour cela beaucoup de prêtres s’intéressent au développement. Quand on partage ensemble l’Evangile, il se crée une intimité, une confiance. (Pascal, Ambositra, Fianarantsoa)

Les conditions de vie à Madagascar et les défis devant lesquels nous sommes sont d’une proximité étonnante avec celles du Père Chevrier en son temps. Il faudrait le dire avec plus de nuances, mais, si l’on regarde la manière dont des prêtres viennent en retraite sans Evangile, dont très peu de gens ont la Bible ou le Nouveau Testament, force est de constater que l’Evangile n’est pas au centre de la vie de l’Eglise de Madagascar ni de la vie des prêtres, et la tentation est forte de faire une Eglise puissante et de chercher une promotion humaine pour les prêtres et les religieuses, où à devenir des « prêtres bâtisseurs et administrateurs » et à animer sans mettre l’intérieur d’abord, sans communiquer la sève. (…) (Bruno, Fianarantsoa)

C’est vrai que la grâce du Prado est une chance : Pour l’Eglise parce que la première mission de l’Eglise c’est d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, de le connaître et le faire connaître, d’aller plutôt vers les brebis perdues d’Israël. Pour les peuples à Madagascar en particulier pour les plus pauvres parce que Madagascar est un pays pauvres et que le charisme du Prado est pour les pauvres d’abord. La situation politique à Madagascar enrichit les riches et appauvrit les pauvres ; alors les gouvernants ne regardent pas les pauvres. Il n’y aque l’Eglise qui s’en occupe et dans l’Eglise c’est nous qui sommes les plus destinés. Nous sommes donc les témoins, les levains, les sels qui vivent avec les pauvres par nos paroles et nos actes ainsi que nos manières de vie. Vivre avec eux et comme eux. (Pega, Ambositra)

C’est en nous mettant devant cette pauvreté que notre équipe a souhaité remettre en route les mouvements apostoliques aussi pour former des disciples et des apôtres. C’est une entreprise difficile et exigeante. Elle demande beaucoup de temps pour soigner l’accompagnement (je crois que c’est un énorme problème pour nous prêtres que celui de l’accompagnement), pour former des acteurs. Parce que dans la Révision de Vie, il y a à la fois cette attention à la vie, cette attention aux autres qui m’entourent, ce regard sur la vie réelle qui a ‘ébranlé’ et ‘converti’ Antoine Chevrier pour qu’il en vienne à choisir résolument sa mission auprès des pauvres, mais il y a aussi ce renvoi à l’Évangile qui offre à chaque participant de devenir humain à la manière de Jésus dans les situations qui sont les siennes, qui permet à chacun de le suivre dans la voie de la perfection contenue dans les 3 phases de la vie de Jésus : la Crèche, le Calvaire, le Tabernacle. Ce que je traduis ainsi : la Crèche : le réalisme de l’incarnation ; la Croix : « Ce qui n’est pas marqué par la Croix n’est pas Chrétien », dit Varillon ; le Tabernacle : être mangé, nourrir cette humanité de pain et d’Esprit Saint. (Gérard, Farafangana)

L’incarnation de l’Evangile est fortement souhaitée voire attendue par les gens pour un témoignage authentique de l’œuvre de salut en cours de réalisation. Un fait irréfutable et interpellateur : la confiance mise par les évêques de Madagascar aux prêtres du Prado pour la charge de la formation des futurs prêtres au Grand Séminaire. Il en est de même pour des postes de responsabilité d’envergure nationale. (Totozafy, Antsiranana)

Bien des prêtres diocésains sont en mal de spiritualité bien définie. Beaucoup se débattent dans le souci réel d’une vie stable, psycho affectivement, spirituellement, apostoliquement et pastoralement. Comment maintenir une vie unifiée ? Le facteur temps est aussi fortement mis en question. Le temps de prier, d’étudier, d’être au service des gens… Les rencontres et les réunions entre prêtres sont parfois superficielles, si elles arrivent à se tenir. Aussi le Prado est à même de proposer, sinon une solution, une suggestion pour pallier à cette situation, pour répondre à cette soif. Bien sûr la vie intellectuelle a un rôle inaliénable et à entretenir absolument ; mais une vie d’apôtre authentiquement témoin du Verbe incarné, l’Evangile en chair et en os est plus que jamais requis pour et par les pauvres à Madagascar confrontés à l’interminable situation de crise sur le plan moral, politique, social, et surtout économique. L’insécurité est malheureusement croissante et laisse beaucoup désarmés sinon tergiversant. (Jean-Louis, Antsiranana)

L’engagement de certains pradosiens dans la pastorale sociale a suscité, chez les laïcs, la croissance de : soif de formation permanente biblique, pastorale. Soif de recollection, formation spirituelle. Le grand décalage intellectuel et culturel entre prêtres et laïcs constitue un handicap de la poursuite de la formation permanente des laïcs. Souci de formation aux réalités économiques. Formation des agents pastoraux, des prêtres à prêter attention à la vie des gens. Relever le défi de la sensibilisation des prêtres à l’urgence et à la gravité de l’apostolat, de l’évangélisation. Souci à la vie des gens. La nouvelle évangélisation est à proposer comme thème à l’Assemblée de Juillet. (Jean-Louis, Antsiranana)

Les gens d’aujourd’hui, surtout ceux de  Madagascar ont besoin de vivre de plus en plus la spiritualité du P Chevrier : l’amour, l’humilité, amour de la Prière. (Philibert, Farafangana)

Il faut avoir l’esprit du Père chevrier dans la catéchèse : catéchèse pour les pauvres. C’est le prêtre qui devrait prendre en charge l’enseignement de la catéchèse ; pour apprendre aux chrétiens la relation être foi et la pauvreté. (William, Farafangana)

La grâce du Prado, pour moi, c’est l’amour du Christ. Et on ne peut pas aimer le Christ, sans le connaître. On parle de Madagascar comme un pays sous-développé. Mais au nouveau spirituel, ce qui manque ici, c’est des moyens pour connaître la personne du Christ personnellement. Alors le Prado porte cette grâce de permettre à chacun de connaître la personne du Christ et alors, l’évangélisation n’est pas seulement l’affaire du prêtre, mais de tous les chrétiens. Alors, les prêtres du Prado ont une grande mission pour aider les gens, les prêtres, à vivre cette connaissance du Christ. Nous avons une grande mission à faire connaître cette grâce. (Hilarion, Toliary)

La situation politique à Madagascar fait que beaucoup de gens sont en situation de pauvreté. Antoine Chevrier est un modèle pour l’amour des pauvres, surtout les enfants. Ici, à Madagascar, il y a beaucoup d’enfants qui sont dans la rue, beaucoup qui n’ont pas d’habits, qui mendient. Antoine Chevrier nous donne un modèle envers les pauvres. Pas donner seulement le « matériel nécessaire », mais il vise le spirituel aussi. Donc, la solution, c’est dans le Christ. (…) La grâce du Prado, une chance pour l’Eglise : ce que le Père Alphonse a dit tout à l’heure sur la renommée des prêtres diocésains et sur l’importance des instituts séculiers pour les prêtres diocésains. Nous allons avoir une heure pour présenter le Prado au séminaire de propédeutique. Ce n’est pas pour nous, mais pour l’Eglise. (Gaston, Toliary)

La grâce du Prado une chance pour l’Eglise, pour le peuple, pour les pauvres… parce que d’abord nous faisons connaître aux pauvres l’amour du Christ selon la mission confiée à tous les pradosiens. Même le Prado est une chance pour l’Eglise et le peuple malgache parce qu’il y a des prêtres du Prado appelé comme évêques malgaches au service de l’annonce de la Parole de Dieu. Il y a aussi les prêtres pradosiens. C’est une grâce et une chance pour le peuple et l’Eglise malgache car notre souci quand nous nous rencontrons à Antsirabe : « Qu’allons-nous faire au service des gens pauvres ». (…) (Placide, Toliary)

3.       Lors des dernières années, qu’est-ce qui a grandi dans notre Prado de Madagascar, au niveau de mon diocèse, de ma région, du pays ? Comment avons-nous mis en œuvre les orientations de 2009 et 2010 ? (cf. ci-après).

Ce qui a progressé :

  • l’Etude d’Evangile.
  • Les membres se multiplient et deviennent de plus en plus sérieux à la présence pour une assemblée et le programme prévu.
  • Les rencontres d’équipes diocésaines et du bureau national sont devenues régulières
  • Des équipes sont nées en divers endroits et le Prado s’étend vers le sud
  • Il y a des rencontres régionales de la famille pradosienne qui apparaissent (Antsiranana, Fenoarivo, Kianjavato)
  • Des récollections de Noël ont été proposées à Ambanja, Fianarantsoa, Fenoarivo
  • Une récollection semestrielle pour les séminaristes et un partage mensuel a démarré à Fianarantsoa.
  • Ici où là, le Prado est invité à se présenter dans plusieurs séminaires
  • Le nombre de malgaches qui ont fait les années pradosiennes, c’est impressionnant, et, de manière générale, le soutien au Prado de Madagascar par le Prado général est impressionnant
  • Le lancement de l’équipe des évêques et vicaires généraux est aussi une nouveauté
  • La rencontre des évêques à Lyon a aussi été un signe fort pour Madagascar.
  • Il y a eu la semaine de spiritualité pradosienne et les jours proposés à ceux de la Première Formation l’an dernier avant la rencontre nationale
  • Il y a eu la présence de Bruno qui fait bouger tout positivement. Il arrive à secouer ceux qui s’endorment en chemin. Ses visites et celles d’Armand et d’Aristeu nous aident. Je remercie le Prado général parce que ça nous donne des élans, du courage, des initiatives.
  • A Farafangana, la visite du P Bernard et le P Gervais a été très réconfortante ; la rencontre à Kianjavato aussi de même. L’arrivé des sœurs du Prado aide à faire connaître le Prado. La venue des représentants du Prado à Farafangana lors des obsèques du P. Berthin fait ouvrir les yeux du presbyterium voyant par là l’existence d’une vie fraternelle entre pradosiens. Les chrétiens du diocèse qui étaient présent ont connu aussi l’existence de ce que c’est le prado. Nous sommes mieux perçus dans l’Eglise de Madagascar
  • Toujours à Farafangana, La récollection avec le P Bruno pendant la réunion pastorale à Farafangana en 2011 est une bonne chose et un beau témoignage ; et aussi la retraite avec Mgr Olivier de Beranger à Moramanga : tout cela fait ouvrir les yeux des autres prêtres. La rencontre des pradosiens pour l’étude de l’Evangile chaque jeudi matin aide à la maturité de la vie spirituelle de chacun.Beaucoup de chrétiens ont soif de connaître de plus en plus la spiritualité pradosienne ; beaucoup aussi sont les évêques qui connaissent cette spiritualité et invitent leur prêtre à la vivre.
  • L’existence la traduction en malgache du Véritable disciple et des Constitution aide à avoir beaucoup de richesse spirituelle.

4.       Sur quoi faudrait-il que nous nous entr’aidions, que nous progressions ? Quelles initiatives et orientations suggérons-nous de débattre lors de l’assemblée de juillet 2012 ?

  • Le premier point, c’est sur la régularité de la participation aux rencontres d’équipe, aux sessions, même si cela a beaucoup progressé.
  • Le deuxième point, c’est sur comment s’aider à avoir une Etude d’Evangile quotidienne et une Etude d’Evangile de fond effective, peut-être s’aider en ayant un thème en commun
  • Le troisième point : comment arriver à un temps de rencontre d’équipe suffisant qui permette aussi de vivre la révision de vie.
  • Comment s’aider à être inventifs pour mettre l’Evangile dans la main des pauvres ?
  • Suivre la formation après les engagements c’est-à-dire apprendre à pratiquer dans la vie et dans le ministère la vie du P. Chevrier. La concrétisation de notre charisme (Vivre avec les pauvres et les catéchiser).
  • Il faudrait s’aider à partager sur : Qu’est-ce que ça veut dire pour nous ici de rechercher une « vie de prêtre pauvre pour les pauvres à Madagascar ? »
  • Au moment où nous sommes plus nombreux et où déjà des expériences existent, comment favoriser la création d’équipes pastorales entre prêtres pradosiens ou sympathisants ?
  • Il est bon de continuer la visite des responsables (il faut la faire souvent), les régions doivent chercher de temps libre pour faire une recollection chaque année.
  • Comment proposer aux prêtres et aux séminaristes la grâce du Prado ? Comment refaire vivre le Prado au grand séminaire de Fianarantsoa ? Comment faire une animation aux grands séminaristes ?
  • Nous pensons qu’il est bien si l’international puisse proposer et donner un autre prêtre pradosien éducateur, pour renforcer l’effort que Père Pascal a déjà mené à ce séminaire. Un homme capable de vivre avec les jeunes, et ouvert à la culture des malgaches mais sans oublier la spiritualité  laissée par Antoine Chevrier, formateur des jeunes. (Farafangana)
  • Il faut progresser sur la côtisation.
  • Il ne faut pas ajouter d’orientations mais il faut durer dans les 6 orientations (une suggestion à débattre)

Pour un débat ensemble :

  • En espérant ne pas avoir oublié trop d’apports des uns et des autres dans cette synthèse, mais le débat va permettre de compléter, corriger, réagir, et chacun a eu accès au document complet.

 

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