AG 2013 : ANNONCER AUX PAUVRES LA RICHESSE DE JESUS-CHRIST – José Aristeu – Assemblée du Prado de Madagascar

1. L’enjeu de la prochaine Assemblée Générale

Depuis quelque temps, nous sommes, tous convoqués à vivre ce processus d’Assemblée, qui consiste à nous engager de manière résolue et organisée dans le travail préparatoire, personnellement et en équipe, au niveau régional, national, et international. C’est un travail de réflexion et de prière, en écoutant avec attention l’Esprit : que veut-il dire à nos Eglises (Ap 3) et à notre Prado au service des Eglises ?

Notre travail préparatoire ne peut pas rester au niveau du simple accomplissement d’une tache à remplir pour le Prado Général. Il s’agit plutôt d’entrer davantage dans ce processus d’Assemblée avec une attitude humble de responsabilité, de recherche, d’écoute, dans un travail sérieux de discernement, pour répondre avec plus de fidélité à notre vocation d’évangélisateurs placés par Dieu dans nos Eglise diocésaines. Il s’agit en outre, en tant que prêtres diocésains, disciples et apôtres de Jésus Christ, de ne pas nous renfermer dans nos frontières diocésaines. Nous aurons la chance d’une Assemblée Internationale qui nous met en réflexion ensemble dans le monde entier à travers cet espace d’expérience et d’échange de la catholicité et de l’universalité de notre vocation. Ainsi, que nous puissions être présents ou non à l’Assemblée à Lyon, nous participerons chacun, personnellement et ensemble, à cette recherche de discernement des enjeux, des chemins, des points d’attention, ainsi que des personnes que Dieu veut donner à notre Association pour les années à venir (Responsable Général, deux Assistant, quatre Conseillers. Nous, qui sommes ici à Antsirabe, nous avons la chance d’avoir commencé ce travail préparatoire depuis notre dernière rencontre nationale de 2011.

(Lire la lettre de convocation du Responsable)

2. L’enjeu du thème « Annoncer – aux pauvres – la richesse de Jésus-Christ ».

Avec ce thème nous sommes vraiment au cœur de la vocation de l’Eglise : c’est l’Evangélisation. Et nous sommes aussi au cœur de notre charisme, dans et pour l’Eglise, qui est l’annonce de Jésus-Christ aux pauvres.

Ce thème de l’évangélisation est central pour l’Eglise. Cette année, en Octobre, il y aura le Synode sur « la nouvelle évangélisation ». Nous sommes aussi dans la célébration du cinquantenaire du Concile Vatican II. Ainsi, notre Assemblée 2013, dont le thème est relatif à « l’annonce aux pauvres » sera très opportune pour réfléchir sur la spécificité de notre contribution dans l’évangélisation des pauvres, dans l’ensemble de la mission de l’Eglise diocésaine.

2.1 Annoncer.

L’Annonce nous renvoie à la dimension missionnaire, notre affaire essentielle comme Eglise, en tant que chrétiens. Mais ce n’est pas toujours si évident. Annoncer, oui… d’accord ! Mais annoncer quoi, comment et à quelles conditions ? Qui est le sujet de l’annonce ? A qui prioritairement annoncer ? A qui appartient la tâche d’annoncer ? Quelle est l’origine ou qui est à l’origine de cette annonce ? Qu’est-ce que c’est annoncer ? Nous sommes là au cœur des questions que le Concile Vatican II a envisagées courageusement, pas sans rencontrer de grandes résistances, tout en essayant de récupérer le sens et l’esprit missionnaire, comme tâche de toute l’Eglise, non pas de quelques-uns (AG. 5 et l’ensemble du document). Mais, dans la pratique, on revient souvent en arrière, on n’avance presque pas ! Tandis que, pendant ce temps, les sectes prennent les gens et les rendent encore plus esclaves.

En fait, où en sommes-nous dans l’esprit et la compréhension missionnaire comme l’a proposé Vatican II dans la constitution AD Gentes, et dans l’encyclique Evangelii annunciandi de Paul VI ? On parle déjà d’une « nouvelle évangélisation », mais nouvelle dans quel sens ? Il est facile de parler de « nouvelle évangélisation » à l’égard des méthodes, nouvelles techniques mais sans mettre en cause le sujet, l’évangélisateur et le contenu. Il est plus important de poser la question : Quelles conversions s’imposent-elles à nous comme Eglise pour que l’annonce soit reçue comme bonne nouvelle pour les personnes d’aujourd´hui ? Quels sont nos empêchements pour que l’annonce ait une efficacité évangélique ? On peut renvoyer la cause de nos faillites aux autres, à la modernité, mais il semble que cela ne corresponde pas à toute la vérité. Il y a toujours de quoi nous remettre en question. Qu’en pensons-nous ?

Avec une centaine d’années d’anticipation sur le Concile Vatican II, Le Bienheureux Antoine Chevrier a eu et vécu une forte prise de conscience de l’envoi missionnaire en l’Eglise. En recevant l’appel de Dieu il s’est impliqué pour collaborer à la mission dans son époque et il a essayé d’écouter les besoins et de répondre de manière créative. Le Prado est la réponse de Dieu à sa recherche spirituelle et missionnaire aux besoins de l’Église et des pauvres de son temps. Il a perçu qu’il était impossible pour lui de rejoindre les pauvres, sans une conversion de sa façon d’être chrétien et d’être Eglise dans la société : d’où son engagement dans le Prado à servir les pauvres en « vivant et mourants avec et comme eux », par amour et obéissance à Jésus pauvre, obéissant et livré par amour. Le Prado est donc, une grâce de conversion, de prise de conscience missionnaire ;

Lecture : VD 120-127 : D’après l’expérience spirituelle missionnaire du Père Chevrier, où est le secret de cette prise de conscience missionnaire ? Et de l’annonce ? (Antoine Chevrier montre-nous ton secret !) ?

Conclusion :

La qualité de sa foi, de son attachement, de sa connaissance de Jésus-Christ, est le secret de tout… c’est de sa conversion à Jésus-Christ que découle tout le mouvement intérieur qui le fait apôtre. Pas de véritable apôtre sans véritable disciple. Le Père Chevrier l’exprime souvent avec binôme : intérieur et extérieur, pour dire que la vie du Christ, l’Esprit Saint en nous, la sève, est la source de notre être et de notre agir en Apôtre…

Voir la prière du Père Chevrier : « Nous devions lui répondre avec joie ! » (V.D. p. 122)

Nous devons lui répondre avec joie.

Me voici ! (1 Sm 3,4) Je suis tien. (Ps 118,94) C’est moi ! (Jeune 6, 20)

parlez, Seigneur, votre serviteur écoute.

Seigneur, à qui irai-je ? vous avez les paroles de la vie éternelle.

Vous êtes ma lumière, vous êtes ma voie, ma vie, ma sagesse et mon amour.

Je vous suivrai, Seigneur, partout où vous irez.

Je suis prêt à mourir avec vous, je donnerai ma vie pour vous, j’irai en prison, à la mort.

Vous êtes mon roi, mon chef et mon maître.

Seigneur, si vous avez besoin d’un pauvre, me voici !

Si vous avez besoin d’un fou, me voici !

Me voici, ô Jésus, pour faire votre volonté : je suis à vous !

Pour Antoine Chevrier la principale réforme qui doit être faite dans l’évangélisation, afin qu’elle soit une nouvelle évangélisation, c’est celle du sujet. C’est d’abord à l’égard de l’évangélisateur ! C’est sa conversion qui est nécessaire. Ce qui doit être renouvelé, c’est son être disciple de Jésus-Christ, c’est sa recherche de perfection, c’est son écoute de la Parole, sans raisonnement, comme un enfant. Pour lui, il y a le prêtre mauvais, le bon, et celui qui cherche la perfection… Seul le dernier peut être utile à Dieu. Autrement dit, c’est le Tableau de Saint-Fons qui détermine l’efficacité et la qualité de notre annonce.

Aujourd’hui, comme Eglise, où en sommes-nous à l’égard de cette conscience et action missionnaires envers les pauvres de notre entourage ? Que nous faut-il pour renouveler notre élan missionnaire vers les pauvres, les éloignés ? Selon le témoignage du Père Chevrier, dont le ministère était tourné dans un double mouvement v      ers Jésus Christ et vers les pauvres, à quelles conversions et à quels changements sommes-nous appelés en tant que sujets de l’annonce ? Quelle place ont les pauvres dans l’annonce ?

2.2 Annoncer aux pauvres :

2.2.1 Comme Eglise, à qui sommes-nous envoyés en priorité ?

Rappel de la Parole

a- Dans l’Ancien Testament,

on trouve une conviction forte et profonde que le relèvement des pauvres était un signe de l’engagement, de l’amour miséricordieux et de la fidélité de Yahvé par rapport à ses Promesse d’Alliance : 2S, 1-10 ; Ps 98, 3 ; 103, 7 ; 89, 11 ; 107, 9 ; Ps 113, Is 41, 8-9.

b- Dans le Nouveau Testament,

on trouve aussi cette conviction : voir le chant de Zacharie et celui de Marie (Luc 1). Ce sont des cris de joie, de victoire et de louange à Dieu pour l’accomplissement de ses promesses : « Il relève les humbles et laisse les riches les mains vide » C’est l’écho de tous les cris des pauvres qui sont restés fidèles dans l’attente des Promesses de Dieu en faveur de son peuple.

c- La pratique et l’enseignement de Jésus.

Il n’est pas nécessaire de tout redire ici. On connait déjà la place des pauvres dans la vie et le ministère de Jésus. Il suffit simplement de regarder les Evangiles avec un peu plus de sensibilité et d’ouverture de cœur, comme l’a fait d’ailleurs le Père Chevrier, pour affirmer avec Benoit XVI : « l’option pour les plus pauvres n’est pas une option de l’Eglise, c’est une option du Christ ». Rappelons d’abord le verset 18 du chapitre 4 de Luc, alors que Jésus annonce son projet de vie et son identité de Messie, oint par l’Esprit, pour évangéliser les pauvres. Rappelons sa réponse aux disciples envoyés par Jean Baptiste pour lui demander s’il était ou non le Messie : « Les pauvres sont évangélisés… » (Luc 7, 18-23). Rappelons les béatitudes (Mt 5), les paraboles du riche et le pauvre Lazare (Luc 16, 19-31), le samaritain (Luc 10), l’appel du jeune homme riche et le commentaire de Jésus après son départ tout triste (Mc 10, 17-31). Souvenons-nous encore de la parabole du jugement final selon Mathieu 25. Rappelons toutes les actions de Jésus pour soulager les pauvres de toute espèce, les pécheurs, les malades, les handicapés, les étrangers… Il les a tous accueillis, et même, parfois, en prenant l’initiative de les guérir sans qu’ils le lui demandent, pour pouvoir provoquer le débat à l’égard du regard et de l’attitude de sa société envers les pauvres… Rappelons à quel point Jésus était ému et touché par leurs souffrance et leur situation… « J’ai compassion de cette foule… ils sont comme des brebis sans pasteur »…

Selon la pratique de Jésus dans les Evangiles et selon son enseignement, s’approcher des pauvres n’est pas une option, mais une condition pour entrer dans le chemin du Royaume. C’est la porte d’entrée… C’est le sens de l’affirmation du Pape Benoit XVI évoquée ci-dessus : « l’option pour les plus pauvres n’est pas une option de l’Eglise, c’est une option du Christ ».

d- La compréhension du mystère de Dieu chez Paul aux Ephésiens :

Cette lettre est bien l’inspiration de notre thème : « annoncer aux pauvres la richesse de Jésus-Christ » (Ep. 3, 8). Dans cette lettre missionnaire certainement pas adressée seulement aux éphésiens qui n’y sont jamais nommés, mais plutôt à toutes les Eglises (voire introduction de la TOB), dans le deuxième chapitre surtout, Paul expose en profondeur l’essence de la grâce du salut. C’est le mystère d’amour miséricordieux de Dieu qui a réalisé une immense et magnifique œuvre, dans et par Jésus-Christ (51 fois nommé en 6 chapitres). Paul, ayant, par grâce, l’intelligence de cette grâce, y est entièrement concerné ; il devient « ministre de cette grâce » devant toutes les nations. Dans le Christ nous sommes tous sauvés dans la foi, par bonté de Dieu : « Il a voulu, par là, démontrer dans les siècles à venir, l’extraordinaire richesse de sa grâce, par bonté » (2, 7). Quelle grâce ? Jésus Christ par sa croix, où il a tué la haine (v16), a rassemblé tous les hommes dans la même l’unité, en détruisant le mur de séparation entre juif et païens (non juifs), ceux-ci qui étaient dans une pénible et misérable situation et exclusion (2, 11-12). Or, en Jésus Christ, ceux qui étaient loin, sont devenus proches par son sang (de Christ). Maintenant, il est notre paix, car il a établi la paix. À partir du juif et du païen il a fait un homme nouveau, en lui. (2, 11-18). La barrière d’exclusion des « pauvres » a été enlevée, tous sont devenus enfants de Dieu…

Cette œuvre est réalisée dans l’Esprit qui est nommé treize fois dans cette lettre. Et l’Eglise, au cœur de ce mystère, mentionnée sept fois, est désormais cette maison de rassemblement. Elle est ce « lieu universel » de la citoyenneté universelle, de renouvellement en Jésus-Christ pas seulement de l’humanité, mais de tout l’univers, et toute la créature.

Avoir conscience de ce nouveau monde, de cette nouvelle histoire, de cette nouvelle création en Jésus-Christ, et savoir que l’Eglise est l’instrument et la servante de cette œuvre, c’est ça qui a enflammé désormais et pour toujours l’Apôtre Paul. Pour cette cause, il a investi toute sa vie, ses énergies, il est devenu fou d’élan missionnaire, car il lui fallait annoncer à tous ces « exclus » cette nouvelle révolutionnaire qui les concernait, dont ils n’étaient pas connaisseurs.

e. Pour réfléchir et partager :
  • D’après nos étude de la lettre aux Ephésiens, quel rapport avons-nous trouvé entre l’expérience missionnaire de Paul et la nôtre, et notre thème annoncer aux pauvres la richesse de Jésus-Christ ? Sans avoir encore fini, quelles approches ? Quelles lumières ? Quels appels ? Quelles conversions par rapport à l’annonce de Jésus-Christ aux pauvres d’aujourd’hui ?
  • Cette magnifique expérience et ce témoignage de Paul à l’origine de notre Eglise, nous renvoient bien des questions : Comment l’ensemble de notre Eglise universelle et/ou locale, répond à cet appel missionnaire vers les « dehors » d’aujourd’hui ?
  • Et nous, pradosiens, où en sommes-nous ? Comment répondons-nous à cet appel et comment pourrions-nous plus nous engager pour aider nos Eglises à vivre plus clairement cet engagement ?

2.2.2. Qui sont les pauvres aujourd’hui à qui nous sommes envoyés ?

« Que voyons-nous » ? Quel est notre regard envers les pauvres ? D’abord il faut les regarder autrement. Une manière courante de les voir, c’est sous l’angle économique, c’est-à-dire, de la manière avec laquelle est organisée la société. Dans cette perspective, le pauvre est toujours regardé comme quelqu’un à qui manque ce qu’ont les autres. Ce manque est presque toujours conséquence des relations injustes, corrompues, ou des inégalités et des divisions sociales, des guerres, ou de l’insensibilité, ou du manque d’éthique social, ou encore des spéculations financières insensées dont nous connaissons bien les effets de nos jours. Autrement dit, ce qui a fabriqué cette pauvreté, ce sont, le plus souvent, les structures injustes et inhumaines des sociétés. Cela est un mal à combattre avec un courage prophétique, avec clarté et fermeté, comme l’a fait Jésus (Luc 6, 20-26 ; 16, 19-31) et comme l’a fait le Père Chevrier à la Guillotière tout au début de l’actuelle société industrielle : « On dirait, à mesure que les grands de la terre s’enrichissent, à mesure que les richesses s’enferment dans quelques mains avides qui les recherchent, que la pauvreté croît, le travail diminue, les salaires ne sont pas payés. On voit de pauvres ouvriers travailler depuis l’aube du jour jusqu’à la profonde nuit et gagner à peine leur pain et celui de leurs enfants. Cependant, le travail n’est-il pas le moyen d’acheter du pain ? » (cf. E. Spirituels p.45). « Le manque des biens nécessaires est un mal fruit de l’injustice qui est contraire à la volonté de Dieu » (Mons. Oscar Romero, homélie 17/02/1980). Des fois, aussi, la pauvreté peut être causée par le manque d’initiatives, le manque de formation ou d’appui des pauvres, et là il y a de quoi faire, comme l’apôtre des pauvres de la Guillotière nous l’a appris, pour avoir le courage de prendre des initiatives nécessaires pour les soutenir !

Mais il faut être libre pour avoir un autre regard vers les pauvres. Fréquemment on entend dire que la pauvreté est une « malédiction » et que la richesse est la « bénédiction », comme on le croyait au temps de Jésus ! Ainsi le pauvre n’est qu’échec, un misérable qui n’a rien réussi. Mais, est-il vrai que le pauvre est seulement une personne caractérisée par le manque et qui n’a rien à donner ? Peut-on définir une personne pour ce qu’elle a sans rechercher ce qu’elle est ? Il est nécessaire de regarder aussi le pauvre dans la perspective anthropologique, c’est-à-dire, dans sa manière d’exister et de vivre sa condition de pauvre. De ce point de vue, le pauvre est beaucoup plus que quelqu’un qui est en manque, il est quelqu’un porteur de valeurs humaines. Lesquelles ? Il suffit d’être avec eux pour le savoir, pour témoigner de leurs capacité de partage, de générosité, de gratuité, de joie et de fête, d’ouverture aux autres, d’ouverture a Dieu, de réalisme, de lutte pour la justice et la solidarité, de fermeté, de persévérance, de patience, de ténacité, de compassion, de tendresse, d’humilité, de docilité intérieure, de capacité à vivre en relation pacifique avec la nature, d’espérance. (cf. Article de Louis Mosconi, Pradosien italien, Fidei Donum au Brésil à ce sujet).

Dans les évangiles il est toujours frappant de contempler le regard de Jésus envers les pauvres. Bien sûr, il voit leurs péchés, leurs besoins et il s’y engage. Mais il voit aussi leur foi, leur richesse (cf. Mc 12, 41-44; Mt 15, 21-28), qu’il présente comme signes du Royaume (Cf. Mt 5, 1-4 ). Il se réjouit et remercie le Père pour son choix de leur révéler la Bonne Nouvelle (Cf. Luc 10, 21-22 ; Mt 11, 25-27).

Pour réfléchir et partager :
  • En revenant à la réalité de notre pays, région ou quartier, quel est le regard envers les pauvres ? Quels sont les signes ou valeurs repérables ? Quelles pauvretés frappent le plus la vie des gens ? Quelles nouvelles pauvretés ? Et quels signes leurs donnons-nous à partir de la spiritualité de la Crèche, de la Croix et du Tabernacle ?
  • Aujourd’hui nous n’avons plus d’œuvres propres au Prado, comme avant, où il avait l’œuvre d’éducation des enfants. Alors, puisque d’autres groupes ecclésiaux travaillent aussi avec les pauvres, quelle est donc la spécificité de notre charisme, de notre présence et mission en tant que prêtre diocésains et pradosiens auprès des pauvres dans nos Eglises Diocésaines ?
  • Quelle est la marque spécifique et distinctive de notre identité et action dans nos Église Diocésaine ? Comment notre manière d’être présent et de vive le charisme du Prado peut-elle être appelante ? (Incarnation)
  • Encore une question préalable : comme prêtres diocésains, quelle est la marque spécifique de notre spiritualité ? (incarnation)
Pistes de lecture et réflexion
  • (Lettre aux Hébreux : « Pris d’entre le peuple et envoyés parmi le peuple ». C’est bien « l’incarnation » la force de notre vocation et mission. C’est bien cela la caractéristique de notre vocation de séculiers, c’est dans la vie de notre peuple… Comme diocésain, nous sommes « du coin », vivant la même vie et réalité de nos peuples… Nous connaissons et participons à leurs joies et tristesses, leurs défis et souffrances, vivant de leur vie ; à travers l’Eglise nous sommes mis, par Dieu dans son Fils, au service de leur vie et leur salut. Cela nous le retrouvons dans les paroles de Jésus dans Jean 17, 14-18: « Je ne vous demande de les ôter du monde, mais de leur garder du mauvais », v 15.) (Un prêtre (diocésain) pradosien = i+I) Dans cette formule, « i » renvoie à l’incarnation du prêtre, sa présence au monde, et « I » renvoie à l’Incarnation du Christ).
  • Lire et réfléchir dans nos Const 17, 18 et 21 : selon ces numéros, quelle est notre contribution en tant que prêtres diocésains et pradosiens dans l’évangélisation des pauvres ?

3. « Annoncer aux pauvres la richesse de Jésus-Christ »

Maintenant on revient sur un autre point essentiel de notre réflexion : C’est celui du contenu de l’annonce. Que transmettrons-nous ? Dans le contexte du monde actuel, et dans notre réalité, comment présenter Jésus-Christ comme plénitude de vie et richesse pour les pauvres ? Comment avancer dans le travail pour bâtir des communautés de disciples et d’apôtres de Jésus-Christ ? Une des grandes pauvretés aujourd’hui, c’est le manque de connaissance de Jésus-Christ. Nous parlons de Jésus-Christ mais ne sommes pas capables de favoriser une véritable expérience de Jésus-Christ. Souvent notre évangélisation, nos catéchèses restent trop théoriques. A cause de cela, les gens sans base solide continuent à chercher et partent vers d’autres églises.

Selon l’expérience de Père Chevrier, aider les pauvres et toutes les personnes à faire l’expérience de l’amour de Dieu, de l’amour de Jésus-Christ, c’est cela l’essentiel de la mission et qui transforme la vie des gens. Nous ne pouvons résoudre tous les problèmes des pauvres, mais si nous donnons à connaître Jésus-Christ, eux-mêmes chercherons à résoudre ensemble ses problèmes.

Selon le Père Chevrier, tout passe par la centralité de Jésus-Christ dans la vie :

« Courage donc, bien cher enfant, que Jésus-Christ soit donc le but vers lequel nous devons tendre toujours et de toute l’ardeur de notre âme, afin que nous nous unissions à lui, que nous nous conformions à lui, que nous vivions de lui et que nous le répandions sur toute la terre, parce que lui seul est la vérité, lumière, la charité, le bonheur, la paix, la vie, le repos, la joie et la vie éternelle. » (Lettre n° 84 à Nicolas Delorme, alors séminariste, un des 4 premiers prêtres formés par le Père Chevrier au Prado)

Réfléchir et partager :
  • Comment guidons-nous les pauvres dans l’expérience de l’amour de Jésus-Christ ? Comment les éveillons-nous et guidons dans la connaissance de Jésus-Christ ? Comment les initions-nous dans la Parole de Dieu ?
  • Quel est notre apport en tant que pradosiens pour que nos Eglises diocésains puissent mieux transmettre la richesse de Jésus-Christ aux pauvres tout en découvrant Jésus-Christ dans les richesses des pauvres ?

Jose Aristeu Vieira, Assemblée Prado Malgache, juillet de 2012

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